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La vallée de la Guisane

Les paysages de la vallée de la Guisane

Carte de situation

La vallée depuis les hauteurs de la Salle les Alpes, au fond Briançon

La RD 1091 à Saint-Chaffrey en direction de Briançon

L'arrivée à Chantemerle par la RD 1091

Le fond de vallée entre le Monêtier et les Guibertes

Vers le col du Lautaret, depuis la RD1091

La particularité de cette vallée est d’offrir sur un linéaire d’une vingtaine de kilomètres deux versants opposés très caractéristiques des vallées alpines :

Bordant le flanc Est des hauts massifs, la Guisane fait la part belle aux activités récréatives montagnardes. La station de Serre Chevalier, omniprésente avec ses installations et ses aménagements, formalise l’ubac du massif éponyme. Les mélèzeins occupent une place déterminante sur ses versants. La zone de haute montagne apparaît avec ses paysages glaciaires entre La Salle et le Casset du Monêtier (Du Pic de l'Eychauda jusqu'aux contreforts Nord des Agneaux). Le massif du Combeynot prend ensuite le relais pour s'étendre jusqu'à l'amont du Col du Lautaret.

L'adret de l'unité paysagère est marqué par la main de l’homme : hameaux, mines, routes, chapelles, village d’estive et sanctuaires occupent ce territoire construit et entretenu pendant des siècles. Aujourd’hui l’embroussaillement et l’enrésinement transforment ces paysages et homogénéisent les étages situés entre le fond de vallée et l'alpage.

L’activité humaine remonte à l’époque romaine quand le captage des eaux chaudes fait naître le thermalisme au Monêtier les bains. Plusieurs histoires ont fait cette vallée : l’histoire d’une eau qui soigne ou qui guérit ("Aqua sana" et les bains de Monêtier), l’histoire militaire depuis Vauban jusqu’à la construction de la ligne Maginot Alpine pour contenir les velléités d’une Italie fasciste et enfin l'histoire industrielle (tanneries, filatures, forges et mines) dont les traces ont quasiment été effacées par les pratiques récréatives et ludiques d'aujourd'hui.

Appelée traditionnellement La Guisane, la communication de la vallée s’efforce de le substituer avec celui de Serre-Chevalier Valley.

Entités administratives

Cantons : Briançon-1

Communauté de communes : CC du Briançonnais

Communes : Le Monetier-les-Bains / La Salle les Alpes / Saint-Chaffrey

 

Mesures règlementaires

Parcs nationaux : Ecrins

Parcs régionaux : aucun

NATURA 2000 DOCOB : FR9301498 Combeynot-Lautaret-Ecrins

NATURA 2000 ZICO : PAC27 Parc national des Ecrins

NATURA 2000 ZPS : FR9310036 Les Ecrins

NATURA 2000 ZSC : FR9301498 Combeynot-Lautaret-Ecrins / FR9301499 Clarée

PPR : Avalanche / Bloc / Glissement / Inondation / Ravinement / Torrentiel

PLU : sur les trois communes concernées par l’UP

Autres : plan de gestion sédimentaire

Ce qui fait paysage

  • La roche
  • L'eau
  • La végétation
  • HABITER / Formes urbaines
  • HABITER / Urbanité
  • HABITER / Caractères architecturaux
  • SE DEPLACER
  • EXPLOITER / Tourisme
  • EXPLOITER / L'agriculture
  • EXPLOITER / Industrie
  • ADMINISTRER
  • La Guisane des villages
  • La couronne glaciaire
  • La station
  • L'adret

Les mutations des paysages

Texte à droite Dynamiques

  • Analyse Diachronique / 1999 - 2014

    La vallée de la Guisane en 1999

    La vallée de la Guisane en 2014

  • Photos constats / 1999 - 2014

    - La Salle les Alpes 1999 / 2014 -

    - Le Bez 1999 / 2014 -

    - Le Monêtier 1999 / 2014 -

    - Le Casset 1999 / 2014  -

  • Les facteurs d'évolution des paysages

    Dynamiques démographiques

    La population a augmenté de 50 % depuis 99 ce qui est à corréler avec l’évolution du nombre de logements, en hausse constante.

    La part des résidences secondaires est très élevée : il atteint 80% de la totalité des logements en 2011. Cette forte représentation des logements secondaires est principalement due au développement du tourisme hivernal dans les années 70, notamment avec la création de la station de Serre-Chevalier.

    Évolution du nombre de logements entre 1999 et 2011 - source RGP 99, 2006 et 2011

     

    Évolution de la population entre 1999 et 2011 - source RGP 99, 2006 et 2011

     

    Dynamiques des milieux naturels

    Recul des glaciers

    Érosion des versants par l'eau de ruissellement, creusement de ravines et emportements de matière

    Enrésinement des parcours de mi-saison (fermeture des milieux)

    Fermeture des milieux : ripisylve, espaces inter-résidences

    Le travail d'érosion des eaux de ruissellement

     

    Dynamiques économiques

    Agro-pastoralisme

    Encore largement présents en amont de la vallée bien qu'en lente transformation, les paysages agricoles "subissent" les atteintes anthropiques et naturelles de l’époque : l’extensification cumulée à la diminution du nombre d’exploitations agricoles conduit forcément à une gestion déplorable de l’espace, notamment sur les zones intermédiaires : déséquilibre des zones de pâturage, développement des ligneux, piétinement répété sur certains secteurs, abandon des territoires de pâturage excentrés, etc.

    En revanche, la gestion pastorale des alpages reste garante d’un entretien du paysage dans la mesure où ce sont les communes qui sont responsables de cette gestion. Le seul problème concerne la remontée biologique de la forêt, la gestion de l’eau et les conflits d’usage sur les alpages (tourisme, agriculture…)

    Industrie / Artisanat / Commerces

    Les activités industrielles traditionnelles ont évidemment disparu au profit de l’économie touristique matérialisée par la station de ski.

    De nouvelles zones d’activités en fond de vallée et à proximité des axes de circulations (Z.A de Clos Jouffrey à Saint-Chaffrey, ZA des Sables au Monêtier- les-Bains) sont apparues. Les superficies totales disponibles sont aujourd’hui occupées.

    Les énergies renouvelables

    L'étude de cadrage des projets éoliens de 2005 classe la vallée de la Guisane dans les zones à sensibilité majeure où les projets d'éoliens sont interdits ou fortement déconseillés* (*source Etude paysagère de cadrage des projets d'éoliens dans les hautes Alpes - juillet 2005 - Akene Paysage)

    Services / Loisirs / Tourisme

    Cette activité dite tertiaire est fortement représentée avec le grand domaine skiable de Serre Chevalier qui outre l’activité ski permet d’offrir de multiples aménités de services (accroissement des services et de commerces). La diversification de l'offre se matérialise par la poursuite et l’émergence de sports terrestres et d'eaux vives. De nouvelles urbanisations fleurissent sous forme d’habitat collectif (programmes d’aménagement ou lotissement ou création de villages de vacances) entraînant un étalement important de l’urbanisation en fond de vallée.

    Les activités de loisirs impliquent une concentration d'usages et d'usagers à certains endroits d’où sur-fréquentation de lieux, piétinement et creusement de chemins dans des espaces de nature. Elles sont à l'origine de parking sauvage à proximité de départs de chemins de randonnée, via ferrata ou site d'escalade.

    Dynamiques d'aménagement

    Parc national des Écrins, Natura 2000 (Site habitats - Combeynot, Lautaret, Écrins, et site Oiseaux), PPR, PLU sur les trois communes.

     

  • Les transformations des paysages / Tendances évolutives

    L’activité touristique concentre la majorité de l’activité économique de l’Unité de Paysage. Dans un souci de diversification de l’offre, sont apparues des activités de tourisme et de loisirs autres que le ski aussi bien en hiver qu'en été : pôle d’animations avec structures démontables, piscines, patinoires, base de loisirs, villages vacances à Saint Chaffrey notamment. Le développement des infrastructures et de l'habitat reste essentiellement lié à la pratique du ski : créations de remontées mécaniques, gares de départ, parc de stationnement. De nouvelles façades urbaines apparaissent comme au Bez, masquant les perspectives sur le village ancien. Cependant, l’augmentation de la population sur le Briançonnais se traduit par un accroissement d’une population présentielle et donc d’une urbanisation d’habitants permanents.

    Le déclin de l’activité agricole engendre des mutations sur les anciens terrains de fauche et de pâturage, notamment pentus, d’où altération des paysages qui ne sont plus modelés par la main de l’homme et la dent animale. Les versants adrets sont les plus marqués car l’embroussaillement ferme les paysages mais il n’est pas absent des ubacs qui, pour la plupart forestiers, sont moins impactés visuellement ; cependant, les clairières agricoles d’altitude se ferment faute de pression humaine.

    A contrario, si ces clairières disparaissent en ubac, des ouvertures apparaissent par la création de nouvelles pistes ou de dessertes touristiques ou forestières. En amont du Monêtier-les-Bains, le phénomène de fermeture des paysages, par le développement de la forêt, s'affirme néanmoins sur les ubacs.

    Ainsi les terres abandonnées sont soit sujettes à l’embroussaillement puis à la reforestation soit en proie à de nouvelles opérations d’urbanisation.

    C'est ainsi que des opérations de logement sous forme de lotissements ou de nouvelles Zones d'Activités s'installent sur les espaces les plus plats et les plus accessibles, de préférence en fond de vallée et au bord de la Guisane.

    Les paysages du Casset ont subi peu de mutations et confirment la relative préservation du haut de la vallée en amont du Monêtier-les-Bains. En effet, au-delà de cette commune les transformations sont beaucoup moins affirmées, à l’exception du mitage sur Le Lauzet. Seul le col du Lautaret a vu s'édifier hôtels et restaurants. (Cf. APR Grands cols)

    En conclusion

    • remontée biologique et baisse de la pression agricole entraînent une extension de la forêt en aval et en amont des forêts existantes donc un élargissement global de la zone forestière. En outre, ces mêmes causes impactent les territoires anciennement dénudés et favorisent l’enrésinement sur les terres délaissées par l’agropastoralisme.
    • Le foncier le mieux exposé et le plus accessible fait l’objet de convoitises urbaines qui engendre une fermeture des milieux en fond de vallée.

    Globalement, la diversité paysagère est affectée par une fermeture forestière et urbaine.

  • Les enjeux paysagers

    La station

    La vallée s’affirme comme station unique (Serre-Chevalier Valley) et comme grande station des Alpes d’où les possibilités ouvertes de projets nouveaux qui confèrent à l’ensemble une meilleure unité. Afin de répondre aux besoins d'une fréquentation en hausse, de nouvelles offres d'hébergements sont toujours en projet mais il faut aussi satisfaire ces populations de vacanciers en leur offrant services et commerces à la hauteur de leurs attentes. Le haut de gamme est recherché pour ces nouveaux lieux d'hébergements et de services afin de capter une population plus aisée, internationale et faire face à la concurrence des grandes stations savoyardes et isèroises.

    Les parcelles agricoles sont alors autant de réserves foncières, cédant ainsi à la pression urbaine de plus en plus forte. Entre Saint Chafrrey et la Salle les Alpes apparaît les premiers signes d'une conurbation.

    Monêtier-les-Bains s’affranchit du continuum urbain cependant l’attention doit être portée sur l’urbanisation au niveau des villages des Guibertes, du Freyssinet et de Serre-Barbin.

    La nécessité de préserver des parcelles agricoles prend tout son sens dans ce qu'elles offrent comme respiration dans le paysage urbain.

    Sur ce fond de vallée, la place du torrent Guisane est primordiale.

    C’est un réseau de canaux sur le territoire qui apporte :

    • D'une part, une offre d'activités de loisirs et de sports d'eaux vives qui renforce l’activité économique de la vallée en été ;
    • D'autre part, une offre de corridors écologiques, éléments de richesse de la biodiversité.

    Si la fermeture de la ripisylve est à surveiller, les projets d’aménagement doivent être concertés pour éviter les atteintes aux rives car la qualité paysagère des espaces associés au torrent et la variété des ambiances paysagères, entre espaces ouverts et espaces intimes sous le couvert de la ripisylve, sont des éléments forts de cette Unité de Paysage.

    L’adret de Saint-Chaffrey au Monêtier-les-Bains

    La partie inférieure de l’adret, non soumise à des politiques de protection (PPR…) est affectée par le manque d’équilibre entre urbanisation et préservation des espaces agricoles.

    Les zones intermédiaires sont aujourd’hui difficilement praticables pour la fonction agricole car le mitage morcelle et isole les parcelles. Embroussaillement et enrésinement gagnent sur les parties ni habitées ni pâturées, la fermeture des milieux est en perpétuelle expansion.

    La partie supérieure de l’adret est aussi affectée par l’enrésinement et les milieux ouverts des prairies d'altitude se ferment peu à peu.

     

    La Guisane des villages

    De la sortie du village de Monêtier-les-Bains jusqu’au Lautaret

    La question de l’unité des hameaux du Casset, du Lauzet, des Boussardes et du Pont de l’Alpe est en cause.

    • Le Casset est un hameau village bien enchâssé dans la vallée, relativement lisible en matière de paysage, c’est-à-dire qu’il garde ses formes initiales et s’avère peu impacté par de nouvelles constructions. Suite à une ZPPAUP proposée au début des années 2000 et cependant non aboutie, un cahier de recommandations architecturales rédigé par le STAPS avait été accepté par la commune de Monêtier-les-Bains.
    • Le Lauzet, situé en contrebas de la RD 1091, perd de son identité par le foisonnement de constructions récentes non intégrées à l’architecture locale.
    • Les Boussardes et le Pont de l’Alpe conservent leurs caractères de villages authentiques.

    La RD1091 fait l’objet de conflits d'usages entre les différents modes de déplacements notamment entre vélos et véhicules motorisés mais pas seulement puisque la RD1091 est un point de départ de nombreuses randonnées estivales comme hivernales, ce qui implique la localisation de zones à risques par l'accumulation de véhicules sur la partie haute de la route (Départ du Pic Blanc)

    Le déneigement du Col du Lautaret reste un enjeu pour assurer le transit entre le bassin rhodanien et le bassin de la Durance et du Pô. Le tronçon entre le Casset et le Lautaret est une zone impactée par les aléas naturels qui implique parfois l’utilisation des deux anciens tunnels de l’armée (tunnels des Vallons et du Rif Blanc) pour assurer la sécurité des usagers de la route notamment en cas d'avalanches.

    La couronne glaciaire

    Massif de la Tête de Dormillouse, des Agneaux, de la Meije et du Combeynot.

    Difficile d’imaginer la vallée sans ses magnifiques glaciers, mais tout est possible !

    Ces paysages sont encore évocateurs et propices à la fascination suscitée par la haute montagne.

  • Les préconisations paysagères

Projection prospective : Les paysages possibles

AVERTISSEMENT : Les scenarii présentés s'appuient sur des processus de mutation des paysages mis en évidence par une analyse objective des données disponibles. Ils ne constituent en aucun cas une évolution voulue ou souhaitée. Ils alertent d'une possible transformation si les décisions en termes d'aménagement du territoire n'affirment pas une vraie préoccupation de préservation des paysages. Ils incitent à une vigilance paysagère orientée vers la sauvegarde de la qualité des paysages, source de développement économique et social.

  • Si la tendance évolutive se poursuit … les nouveaux paysages de la vallée

    L'analyse diachronique montre une tendance à un développement significatif de la forêt, principalement en ubac, et à une diffusion de l'urbanisation.

    L'enforestation des versants est la conséquence d'une déprise agricole, d’une baisse de l’activité pastorale et d’un changement des pratiques agricoles.

    Le développement du tourisme, qu'il soit hivernal ou estival, nécessite la construction de nouveaux logements. De nouveaux commerces et équipements voient le jour pour satisfaire aux besoins des populations qu'elles soient résidentes ou touristiques.

    En 2014

     

    Ce développement urbain se fait, souvent, au détriment des espaces agricoles qui sont à proximité d’une trame urbaine déjà installée.

    Ces terres agricoles sont des opportunités foncières et financières pour les exploitants qui ne trouvent pas repreneur de leur exploitation.

    Les scenarii proposés illustrent un développement urbain non raisonné et l'enfrichement des milieux ouverts.

  • Les versants tranformés

    Afin de profiter des meilleures conditions, la pression urbaine s'exerce essentiellement sur les adrets bénéficiant du meilleur ensoleillement.

    C'est ainsi que l'urbanisation se développerait sur les pentes au détriment des espaces autrefois cultivés ou pâturés, "saupoudrant" de formes urbaines plus ou moins compactes les pentes de la vallée.

    Associés aux constructions, il faut envisager les abords en parking et les voies de desserte.

     

    Les conséquences de ce scénario précipiteraient la vallée et ses adrets vers un paysage mité.

    En 2014

     

    Cette urbanité des pentes aurait également pour conséquence de gommer toutes les subtilités des micro reliefs que l'agriculture sait en revanche mettre en valeur. Conjointement à cette urbanisation filante, l’abandon des terres autrefois cultivées favorise la reconquête du couvert forestier. Ces espaces ouverts, délaissés seront au cours des années gagnés par la friche puis par les broussailles et les arbres pionniers jusqu'à l’installation d’une forêt dense.

    A terme, peu d’espaces ouverts et une vallée qui s’étouffe du manque de ces espaces de respiration, de l’absence de ces dégagements et de la perte de mise en scène paysagère, architecturale et urbaine particulière voir ordinaire.

    Ce scénario des possibles extensions urbaines pour satisfaire les besoins d’une économie basée sur le tourisme et d’un couvert forestier opportuniste laisse entrevoir un paysage en perte de valeurs et de diversités pour satisfaire aux besoins toujours plus importants d'une économie basée sur le tourisme.

  • Vers une conurbation entre Villeneuve et Saint-Chaffrey

    Certains secteurs de cette Unité Paysagère ont connu et connaissent un développement qui installe le caractère urbain de la vallée.

    Cette urbanisation qui tend vers le continuum pourrait s'affirmer en aval de la vallée.

    Si la préservation des paysages ne doit pas aller à l'encontre du développement économique de la vallée, la mise en place des projets urbains ne doit pas se soustraire à tout objectif de qualité.

    Ce scenario alerte sur les conséquences d'une urbanisation continue et linéaire sans réflexion sur les gabarits et hauteurs, dont la compacité supprimerait les perspectives de la vallée.

    En 2014

     

    Les hauteurs raisonnables et soutenables devraient être envisagées, mais aussi un jeu de volumes permettant d'intégrer des systèmes de "fenêtres" qui organiseraient les perceptions des arrières-plans, préservant les profondeurs de champ.

    Le paysage urbain doit participer à cette découverte de la vallée, à conduire les perspectives vers les horizons et les lointains par une réflexion qui prendra en considération la volumétrie des bâtiments et leur implantation sur le sol support.

    C’est donc au travers des documents de planification (SCOT, PLU, PLUi) que les règles et les intentions pourront être retranscrites et c’est dans l’élaboration d’études de prescriptions architecturales, urbaines, paysagères et environnementales que de tels projets pourront s’amorcer dans des objectifs et des ambitions de préservation et de mise en valeur des paysages de la Guisane.

  • En 2014

     

    La fermeture des milieux

    L'analyse des cartographies aériennes entre 1999 et 2014 révèle une tendance à l'enfrichement des ubacs, principalement.

    Les pentes, aujourd'hui, sont encore pâturées et parcourues par les troupeaux ce qui permet de maintenir les espaces ouverts, ainsi qu’une limite affirmée entre bois et terres agricoles et une diversité de tableaux paysagers.

    Le fond de vallée quant à lui, valorisé, reste occupé par des prairies de fauche. Ces pratiques sont le gage de la préservation de milieux ouverts et de leurs paysages associés.

    Pour autant, cette tendance de l'agriculture à perdre des terres et le faible enthousiasme à s’engager dans les métiers liés à l’activité pastorale comme les changements de pratiques des éleveurs laissent percevoir des mutations à venir conséquentes.

    Ainsi, cette tendance à la fermeture des milieux constatée par l’analyse diachronique des photos aériennes, et confirmée in situ, interpellent sur les possibles évolutions des paysages de la vallée dans les prochaines années si aucune action n’est engagée pour pérenniser l’élevage et installer les limites de la reconquête forestière.

    Les conséquences de la fermeture des milieux, vont au delà de la banalisation et de l’uniformisation des paysages par la perte de lecture des formes de relief et l'effacement des caractères identitaires de la vallée. C'est aussi un appauvrissement de la biodiversité, des habitats et de leur paysages.

    La nécessité de maintenir l'ouverture des milieux trouve ici sa justification, car la richesse et les particularités de ce paysage de vallée ne seraient pas sans cette mixité et ce partage, même déséquilibré, entre le couvert forestier et les espaces ouverts.