Accueil L'atlas des paysages des hautes alpes Les vallées de la Clarée

Les vallées de la Clarée

Les paysages des vallées de la Clarée

Carte de situation

Carte des périmètres

La plaine de Névache et Ville Haute

L'espace nordique de Névache au printemps

La haute vallée de la Clarée et les crêtes du Queyrellin

Le hameau de Plampinet et le relief du Guion

L'unité paysagère des vallées de la Clarée est la plus septentrionale des Hautes-Alpes, limitrophe avec la Savoie, enchâssée dans un corridor de montagnes, long de trente kilomètres, qui donnent au Sud sur le massif des Ecrins au Nord sur les sommets de Savoie et à l’Est sur les sommets du Piémont italien.

Elle est constituée de deux entités paysagères : la vallée de la Clarée, au sein de laquelle s’écoule sa rivière éponyme, et la Vallée Etroite (Valle Stretta) qui lui est sensiblement parallèle et vient s’y rattacher, par le col de l’Echelle, dans le coude que fait la rivière Clarée entre Roubion et Plampinet. La Vallée Etroite, italienne avant 1947, a été concédée à la France mais conserve les marques de sa double identité. Ce même traité de paix de 1947 avec l’Italie a permis à la France d’annexer une partie de la station de Clavières du côté de Montgenèvre.

Le territoire présente la particularité d’être composé principalement de deux communes : Névache, qui s’étend sur plus de 19 000 ha, et Val des Prés. Elles regroupent à elles seules près de 93% de la surface totale de l’unité paysagère.

La vallée de la Clarée a beaucoup fait parler d’elle dans les années 70 à 90 en raison des différents projets d’aménagement : le percement du Col de l’Echelle et le projet d’exploitation des mines d’uranium. Les conflits furent sévères au sein même de la population locale et prirent une ampleur qui dépassa largement les frontières de la vallée (Cf. Emilie Carles). Au final, la vallée a été classée en Réserve Naturelle, protection ultime qui mit fin aux projets dits de développement économique. Cependant, la vallée est très fréquentée, hiver comme été, pour son offre d’activités de pleine nature : randonnée pédestre, ski de randonnée, ski nordique et semi-marathon entre Névache-Briançon.

L'Unité Paysagère de la Clarée avec ses richesses biologiques et paysagères mais aussi la fragilité de ses espèces animales et végétales et de leurs habitats s'inscrit dans le réseau Natura 2000 (Site Natura 2000 FR 9301499 Clarée) avec ce souci de concilier préservation des milieux et maintien d'un environnement socio-économique favorable à la vie de la vallée.

Entités administratives

Cantons : en majorité Briançon 2 / enclave du canton de Briançon 1

Communauté de communes : Briançonnais

Communes : principalement Névache et Val des Près / enclave de Salle les Alpes, Le Monetier-les-Bains / Montgenèvre

Mesures règlementaires

Parcs nationaux : enclave de l’aire optimale d’adhésion du Parc Nationale des Ecrins

Parcs régionaux : aucun

NATURA 2000 DOCOB: aucun

NATURA 2000 ZICO : aucun

NATURA 2000 ZPS : aucun

NATURA 2000 ZSC : FR9301499 Clarée

PPR : Bloc / Glissement / Inondation / Ravinement / Torrentiel

PLU : sur toutes les Communes

Sites classées : 93C05029 Vallée de la Clarée et Vallée étroite

Sites inscrits : 93I05023 Ville-Haute et hameaux de la Ville-Basse, du Château et du Cros à Névache / 93I05027 Chalets de Laval à Névache / 93I05024 Hameau du Sallé à Névache / 93I05026 Chalets de Lacou et du Verney à Névache / 93I05028 Lacs et leurs abords dans les communes de Névache et de la Salle-les-Alpes / 93I05021 Chapelle Saint Benoît à Névache / 93I05025 Chalets de Lacha et de la Meuille à Névache / 93I05020 Eglise et cimetière de Plampinet / 93I05022 Plans et chalets de Fontcouverte et du Jadis

Ce qui fait paysage

  • La roche
  • L'eau
  • La végétation
  • HABITER / Urbanité
  • HABITER / Formes urbaines
  • HABITER / Caractères architecturaux
  • SE DEPLACER
  • EXPLOITER / Agriculture
  • EXPLOITER / Tourisme
  • EXPLOITER / Industrie
  • ADMINISTRER
  • Les hautes cimes et lacs de montagne
  • Le fond de vallée
  • La basse vallée

Les mutations des paysages

  • Analyse Diachronique / 1999 - 2014

    Les vallées de la Clarée en 1999

    Les vallées de la Clarée en 2014

  • Photos constats 1999 / 2014

    - Rosier et sa plaine 1999 / 2014 -

    - Village de Névache 1999 / 2014 -

    - Village de Névache 1999 / 2014 -

    - Ville Haute Névache 1999 / 2014 -

  • Les facteurs d'évolution des paysages

    Dynamiques démographiques

    Diminution des installations pour résidences principales et secondaires.
    Augmentation du nombre de logements par abandon des logements vieillissant au profit de nouvelles constructions, plus confortables, situées généralement en périphérie proche des villages ou hameaux.

     

    Dynamiques des milieux naturels

    Recul des glaciers.
    Érosion des versants par l'eau de ruissellement, creusement de ravines et emportements de matière.
    Enrésinement des parcours de mi-saison (fermeture des milieux).
    Fermeture des milieux : ripisylve, espaces inter-résidences.

     

    Dynamiques d'aménagement

    Mise en œuvre de diverses politiques : OGS, site inscrit, Natura 2000, Guide Architectural et Paysager de la vallée de la Clarée.
    Aménagements de voirie pour l’accessibilité de la vallée (aires d'accueil touristique, parcs de stationnement et des aires de repos).

    Dynamiques économiques

    Agro-pastoralisme

    La mise en œuvre de L’Opération Grand Site, via son enjeu sur la réhabilitation des milieux, sites et paysage : sur la commune de Névache, gestion des espaces agricoles abandonnés ou en cours d’abandon pour préserver et conserver la richesse de ces espaces et milieux dans le cadre de la valorisation des patrimoines.

    La prise en compte du rôle et de l’impact de l’activité agricole et de la sylviculture dans la conservation des milieux dans le cadre du classement du site en Natura 2000 « Clarée » qui présente des mesures en faveur du maintien des prairies de fauche de montagne, de la biodiversité des peuplements forestiers, etc.

    La gestion du foncier par l’association de défense des intérêts pastoraux et forestiers de la commune de Névache, qui gère, depuis 1942, en liaison étroite avec la commune, 50% de la superficie des alpages, considérant que la Haute-Vallée en particulier est le site le plus fréquenté de la Clarée.

    Industrie / Artisanat / Commerces

    RAS

    Services / Loisirs / Tourisme

    Réhabilitation des villages du projet OGS.
    Projet d’extension du domaine skiable dans les espaces de nature (Projet UTN de Montgenèvre).
    Augmentation de la fréquentation de la vallée.

  • Les transformations des paysages

    En matière d’urbanité

    La vallée fait face à une désorganisation de ses unités urbaines avec la diffusion d'un habitat isolé, consom­mateur d'espace et opportuniste. C'est un peu le paradoxe dans ce site classé, où il serait possible d’imaginer une prise en compte rigoureuse des formes traditionnelles urbaines que sont les villages et les hameaux historiques de la vallée. Ainsi, la plaine de Névache illustre parfaitement ce système urbain "grignoteur d'espace" (Sallé, Roubion).

    En matière d’architecture

    Malgré le site classé, les sites inscrits et plusieurs ouvrages édictant et préconisant les règles pour construire et rénover dans les vallées, les dérives et les indélicatesses sont fré­quentes au travers de constructions qualifiées de contempo­raines. La banalisation d'une architecture au profit de la standar­disation et d'une logique économique entraîne une simplification des formes et une perte d'identité du bâti. Dans cette interprétation réductrice d'un savoir-faire, l'espace public et les es­paces extérieurs des constructions sont eux aussi réduit à une architecture assez simpliste et peu qualitative.

    En matière d’agriculture

    Aujourd'hui les paysages du fond de vallée sont en pleine mutation pour diverses raisons (économique, touristique, culturelle) et malgré les initiatives de jeunes agriculteurs et agricultrices, l'abandon global et le recul des espaces agricoles aux dépens de la forêt et de l'urbanisation est patent. Les paysages et la matrice agricole perdent leur dimension culturelle et culturale d’où une évolution qui conduit à une disparition des paysages agricoles identitaires.

    En matière de trafic routier

    Unique et seule voie d'accès la RD 994g traverse les villages de la Vachette, du Rosier, de Val des Prés et de Plampinet qui sont des villages étroits et difficilement contournables d’où la nécessité d’installer des feux de signalisation en été pour fluidifier le trafic. En hiver, la RD994g subit les affres du climat montagnard, la route pouvant être coupée par les avalanches à certains moments de l’année ; un Plan de protection des routes est déclenché plusieurs fois par hiver sur deux points névralgiques : entre le Rosier et Plampinet et entre Plampinet et Névache. La problématique de sur-fréquentation de la RD 301t a été levée depuis 2003 grâce à la mise en place de navettes pour atténuer l'impact d'une sur-fréquentation automobile sur le haut de la vallée.

  • Les enjeux paysagers

    Cette vallée a construit son histoire entre Dauphiné, République des Escartons, Italie et royaume de France.

    De part son authenticité, la vallée de la Clarée est classée et protégée au titre de son patrimoine naturel et humain depuis 1992. Cet ensemble paysager extraordinaire est en marche depuis 2006 sous l'impulsion de la Communauté de Commune du Briançonnais pour intégrer le réseau Grand Site de France.
    Ses richesses biologiques et paysagères mais aussi la fragilité de ses espèces animales et végétales et de leurs habitats s'inscrit dans le réseau Natura 2000 avec ce souci de concilier préservation des milieux et maintien d'un environnement socio-économique favorable à la vie de la vallée (Site Natura 2000 FR 9301499 Clarée).

    Le fond de vallée

    L’extension urbaine est ici touristique d’où l'inoccupation des maisons une grande partie de l’année ; l’agriculture est en déclin et l’extension forestière est continue.

    Cette brève description des fonds de vallée révèle d’autres problématiques plus vastes :

     

    Nouvelles constructions de plus en plus près de la rivière

    Les hautes cimes et lacs de montagne

    La remontée de la limite entre étage forestier et prairial alpin est un enjeu sur ces territoires dans la mesure où l’effet de l’enrésinement tend à gagner les étages de végétation supérieurs.
    Les hautes cimes et leurs lacs d'altitude sont des espaces attractifs évidents en raison de l’esthétique du site en lui-même, d’une promotion réussie, du classement d’un site depuis plus de 20 ans. Cette notoriété entraîne une sur-fréquentation sur des périodes circonscrites à l’été et l’hiver.

    La partie Est de l’Unité de Paysage contient moins d’enjeux du fait du côté plus sauvage et peut-être plus austère de ce territoire. Le classement de la vallée en a allégé la pression puisque le projet de tunnel, prévu sous le col de l'Echelle, a été abandonné depuis.

    Mais il reste des pressions sur les espaces de nature à ne pas négliger :

    • inhérentes à la fréquentation du col de l'Échelle, importante en été et sur ces deux versants.
    • associées aux velléités d'extension du domaine skiable de Montgenèvre qui pourraient atteindre les extrémités de ce territoire (projet "Espace 3000 Chaberton).

    La basse vallée

    La basse vallée fait face à des enjeux similaires à ceux du fond de vallée, sans doute plus marqués en raison de sa proximité avec Briançon.

    A l’aval de Plampinet, la proximité de Briançon entraîne pour partie une mutation des villages ruraux en espace péri-urbain avec un nombre important d’habitants vivant dans la vallée mais travaillant à Briançon ou dans les stations alentours. Cette transformation est cependant partielle puisque la Basse Clarée a ses activités économiques endogènes (agriculture, sylviculture) et ses activités de service et/ou de prestation (CPIE, maison d’édition, travailleurs indépendants…). L’extension de la forêt est réelle mais contenue notamment à proximité des villages.

    Le trafic routier est porteur d'enjeux. Unique et seule voie d'accès la RD 994g traverse les villages de la Vachette, du Rosier, de Val des Prés et de Plampinet qui sont des villages étroits et difficilement contournables. C'est ainsi qu'est apparue la nécessité d’installer des feux de signalisation en été pour fluidifier le trafic.

  • Les préconisations paysagères

Les paysages possibles

AVERTISSEMENT : Les scenarii présentés s'appuient sur des processus de mutation des paysages mis en évidence par une analyse objective des données disponibles. Ils ne constituent en aucun cas une évolution voulue ou souhaitée. Ils alertent d'une possible transformation si les décisions en termes d'aménagement du territoire n'affirment pas une vraie préoccupation de préservation des paysages. Ils incitent à une vigilance paysagère orientée vers la sauvegarde de la qualité des paysages, source de développement économique et social.

  • L'analyse diachronique montre un développement de la forêt significatif.

    Même si le minéral définit une grande partie des paysages de la vallée, les transformations de ces vallées, qu'elle soit Clarée et Étroite, sont bien réelles.

    Les changements les plus marquants sont associés aux espaces agricoles avec l'abandon des terres cultivables, l'arrêt de la gestion et de l'entretien des prairies, les bouleversements des pratiques d'élevage et de pâturage et le bétail avec une perte en diversité d'espèces.

    C'est ainsi que la forêt opportuniste profite de ces espaces délaissés, avec une prédilection pour les ubacs qui lui offrent des milieux plus favorables à son expansion.

    Le processus déjà engagé de diffusion de l'habitat autour des noyaux villageois, plus particulièrement Névache et Val des Prés, laisse entrevoir les possibles si cette extension n'est pas maîtrisée.

    En 2014

     

    Val des Prés, par sa proximité avec Briançon, serait la commune la plus vulnérable. Cependant Névache verrait aussi son urbanisation s'étendre afin de répondre aux demandes d'hébergement nécessaires à un tourisme en augmentation.

  • En 2014

     

    Le phénomène d'enfrichement des prairies est lisible à une échelle de temps humaine. C'est dire la vivacité de ce phénomène.

    Les pentes enherbées donnent à lire les subtilités d'un relief. Couvertes de boisements, il est facile de deviner le changement de physionomie de la vallée si ce phénomène se confirme.

    Une des particularités de la vallée de la Clarée est d'être à la rencontre de deux formations géologiques qui se révèlent par la couleur de leurs roches, par leurs formes aiguisées ou adoucies, massives ou ruiniformes... Elles influent aussi sur les formations végétales et construisent ainsi des paysages particuliers.

    Quel serait le nouveau faciès de cette vallée si ces versants se couvrent d'un foisonnement d'arbres, occultant chaque aspérité ou micro reliefs, et qui se distinguent en plus par un vert relativement sombre et uniforme ?

    C'est non seulement la disparition d'espaces supports d'une biodiversité riche mais aussi l'apparition de tableaux paysagers sombres et monotones.

  • En 2014

     

     

     

    Si le processus de fermeture des espaces de nature illustré dans le scénario 1 rend compte d'une possible monotonie des paysages qui sont aujourd'hui riches de leurs nuances de verts, de leurs pleins (bois) et de leurs "vides" (prairies), que deviendraient les arrières plans des villages ?

    Aujourd'hui ils bénéficient d'un environnement remarquable où la toute puissance des reliefs se lit par leur minéralité, certains diraient leur aridité, et leur morphologie. Elles définissent la qualité exceptionnelle des arrière-plans de ces villages.

    Colonisant peu à peu les versants, les bois dessinent un fond de scène plus lourd avec les formes moutonneuses et sombres des conifères ou toute espèce d'arborescente.