Accueil L'atlas des paysages des hautes alpes Le Bassin de Gap

Le Bassin de Gap

Les paysages du Bassin de Gap

Carte des périmètres

Chorges

Les paysages de Valserres

Le seuil paysager entre le bassin de Gap et la moyenne Durance, vers Valserres

La ville de Gap dans son contexte géographique

La vallée de l'Avance depuis Notre-Dame du Laus

Cette unité de paysage rassemble plus du tiers de la population des Hautes Alpes avec tout ce que cela peut générer de besoins, d’attentes et d’obligations. Avec près de 40 000 habitants, la ville de Gap est le pôle urbain majeur non seulement de l’unité paysagère mais aussi du département dont elle en est la Préfecture. Ce territoire est aussi le point de convergence de nombreux axes routiers (RN 85, RN 94, RD 994) et d’un réseau autoroutier qui arrive et s’arrête aux portes du pays. Cette ville a construit sa réputation sur sa position de transition entre le Dauphiné et la Provence, entre Alpes du Nord et Alpes du Sud.

Territoire de la ville de Gap et de son urbanisation filante, l’unité paysagère du bassin de Gap n’en reste pas moins un pays de mixité, d’échanges, d’interactions entre ville et nature.

L'unité de paysage est celle de la ville, mais aussi celles des vallées et plateaux agricoles, dans une mosaïque d'urbain et de rural, plaçant la ville à la campagne.

Le bassin de Gap ne perd pas ses attaches avec les territoires de montagne, proches géographiquement. Souvent, le regard croise furtivement ou en de larges panoramas les silhouettes arides du Dévoluy, plus loin vers le Nord les arêtes du massif du Piolit et de Chabrières au Nord, et en arrière-plan le Vieux Chaillol.

Entités administratives

Cantons : Gap 1-2-3 en intégralité et Gap 4 sauf la partie nord / partie nord-est du canton de Tallard / partie ouest du canton de Chorges / bordure sud du canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur / bordure sud-est du canton de Veynes / bordure nord de la Communauté de Communes du pays de Serre-Ponçon

Communauté d’Agglomération : du Gapençais comprenant les Communes de Gap, Pelleautier et La Freissinouse.

Communautés de Communes : Tallard-Barcillonnette / Gapençais / Vallée de l’Avance / Bordure sud de la Communauté de Communes du Champsaur / Bordure sud-est de la Communauté de Communes Buech-Dévoluy

Communes en intégralité : Avançon / La Bâtie-Neuve / La Bâtie- Vielle / Montgardin / Neffes / Pelleautier / Rambaud / Saint-Etienne le Laus / La Rochette / La Freissinouse

Partie de communes : Ancelle / Chateauneuf d’Oze / Châteauvieux / Sigoyer / Manteyer / Lettret / Tallard / Jarjayes / Gap / Valserres / Theus / Espinasses / Chorges / La Roche-des-Arnauds

 

Mesures règlementaires

Parcs nationaux : en bordure Nord, aire optimale d’adhésion du Parc National des Ecrins

Parcs régionaux : aucun

NATURA 2000 DOCOB : aucun

NATURA 2000 ZICO : aucun

NATURA 2000 ZPS : aucun

NATURA 2000 ZSC : FR9301511 Dévoluy – Durbon, - Charance – Champsaur / FR9301514 Ceüze- Montagne d’Aujour – Pic de Crigne – Montagne de Saint-Genis / FR9301509 Piolit – Pic de Chabrières

PPR : Bloc / Glissement / Inondation / Ravinement / Torrentiel

PLU : sur toutes les Communes sauf Lettret et Théus

Sites classés : 93C050003 Pierre de Léperon / 93C050004 Bloc erratique dans le torrent de Flodence / 93C05005 Blocs erratiques situés dans le domaine de la Justice / 93C05010 Bloc erratique de Peyre Ossel

Sites inscrits : 93I05009 abords du col Bayard.

Ce qui fait paysage

  • Le socle support
  • L'Eau
  • La végétation
  • HABITER / Urbanité
  • HABITER / Formes urbaines
  • HABITER / Caractères architecturaux
  • SE DEPLACER
  • EXPLOITER / Agriculture
  • EXPLOITER / Tourisme
  • EXPLOITER / Industrie
  • ADMINISTRER
  • La vallée urbaine
  • Les coteaux et plateaux agricoles
  • Les hauteurs sauvages
  • La plaine agricole de l’Avance

Les mutations des paysages

  • Analyse diachronique 1999 - 2014

    Le bassin de Gap en 1999

    Le bassin de Gap en 2014

  • Photos constats / 1999 - 2014

    - Chorges depuis les Chaussins 1999 / 2014 -

    - L'entrée Sud de Gap 1999 / 2014 -

    - La vallée de l'Avance 1999 / 2014 -

    - La Batie Neuve 1999 / 2014 -

  • Les facteurs d'évolution des paysages

    Dynamiques démographiques

    Croissance démographique régulière depuis 1968, + 75 % sur la période 1968 /2011. Près de 80% de la population soit 40 654 habitants vivent à Gap.

    Production de logements calée sur la croissance démographique : + 5 575 logements sur la même période. Fonction résidentielle confirmée par la prépondérance des résidences principales (86% en 2011) à l’inverse du département.

    Dynamiques des milieux naturels

    Gonflements d'argile : susceptibilité faible (source rapport BRGM).

    Sismicité : moyenne.

    Aléa glissement de terrain fort assorti du risque ra­vinement, sur les contreforts du Piolit, les ubacs du massif du Colombis et des contreforts de Céüse.

    L’urbanisation des zones périphériques de la ville augmentent l’exposition de la ville aux risques naturels de type inondation, crue torrentielle, ravinement par ruissellement, glissement de terrain et chute de blocs. Les risques sont localisés essentiellement au niveau de La montagne de Charance et Chaudun, des torrents, de la Luye, des terrasses, des collines de Saint-Mens et Sainte-Marguerite, de Puymaure.

    Les énergies renouvelables

    Le bassin de Gap n’est pas une zone préférentielle pour la mise en place de grande installation en énergies renouvelables (type éolien ou parc solaire). Toutefois, elle peut abriter du petit éolien ou des installations solaires individuelles qui peuvent ponctuellement impacter le paysage.

    Dynamiques économiques

    Agriculture

    Forte pression urbaine de Gap sur l’espace agricole périphérique : la croissance démographique de Gap menace l’agriculture péri-urbaine, là où justement se trouvent les terres ayant le plus fort potentiel. Ces terres, parfois classées en zones NA ou NB sont susceptibles d’urbanisation selon le POS de 1995. De plus, l’attractivité de la ville se répercute sur le prix du foncier, qui rend le terrain agricole attractif pour les agriculteurs sans successeurs ou les autres. Ce phénomène de vente des terres agricoles est d’autant plus à craindre que 60 % des agriculteurs de 55 ans et plus ne sont pas assurés de leur reprise, selon l’enquête agricole réalisée par Terr’Aménagement en janvier 2007.

    D’où un mitage progressif des petites parcelles cultivées sur la plupart des coteaux aux dépends de l’élevage.

    Industrie / Artisanat / Commerces

    Diversification de l’offre commerciale avec des commerces de centre-ville et des zones d’activités dédiées en développement constant qui s’adressent à un large bassin d’habitat.

    Services / Loisirs / Tourisme

    Diversification des services et des équipements pour Gap : centre tertiaire et cœur administratif du département ; enseignement universitaire et centre hospitalier.
    Développement de l’offre touristique centrée sur Gap et le massif de Céüse qui propose des activités de pleine nature.

    Les politiques d'aménagement

    Accessibilité

    Pour répondre au trafic qui ne cesse d’augmenter, la réalisation du contournement de Gap est indispensable. Elle aura incontestablement une empreinte dans le paysage du bassin.

    Renforcement du réseau de transport électrique par RTE : extrémité est du bassin de gap sur les Communes de La Bâtie-Neuve, Chorges

    Intensité urbaine

    Le développement de l’urbanisation, plus intense sur le pôle gapençais, exerce une forte pression sur le paysage : croissance des quartiers d’habitat, déploiement des zones d’activité et des constructions notamment le long des RN85 et RN94.

    Les villages périphériques sur les coteaux de Charance ou Céüse sont gagnés par l’ha­bitat diffus. Hors de la centralité gapençaise, l’habitat traditionnel de fermes isolées ou de petits hameaux est dilaté par les constructions récentes. Les terres des petites exploita­tions sont progressivement gagnées par l’habitat individuel.

    Le dynamisme démographique entraîne des besoins de logements, d’activités et de services, consommateurs d’espace, qui s’implantent sur Gap mais aussi dans les communes voisines telles que Chateauvieux, Neffes (zone d’activités de la Plaine de Lachaup - 120 000 m²- une cinquantaine d'entreprises - 300 salariés ou à Sigoyer).

    Les politiques de gestion et de protection

    Contrairement à d'autres territoires, l'unité de paysage est peu soumise à des secteurs à réglementation. Ceci laisse entrevoir la vulnérabilité du territoire face à son développement urbain et économique.

  • Les transformations des paysages / Tendances évolutives

    Même si l'analyse de certaines photographies ne révèle pas des transformations des paysages flagrantes, elles existent bel et bien sur ce territoire. La forte pression urbaine qui s’exerce sur les espaces agricoles périphériques provoque une modification du paysage avec un mitage progressif des petites parcelles cultivées et des espaces pâturés des coteaux entraînant des conflits d’usage et d’occupation du sol. En plus de cet essaimage de l'habitat individuel, les extensions urbaines s'installent, pour certaines, en force dans le paysage entre terrassements conséquents et mise à nu du terrain support. Ce développement urbain est toujours au détriment des terres agricoles.

    En réponse aux besoins croissants de la population, de nouvelles zones commerciales et d'activités se développent. C'est ainsi que les entrées de Gap, mais aussi Chorges et la Bâtie Neuve, se "nappent" des formes simples et massives, plus proches de celles du hangar dans leur architecture. Ces paysages d'entrées de ville souffrent d'un traitement rarement qualitatif, bien que certaines enseignes essayent d'avoir une démarche dans ce sens. C'est un lieu où s'imbriquent les volumes bâtis avec leurs abords faits de parking et de zones d'entrepôt. Ils construisent un paysage dilaté sans cohérence et en donnent une lecture brouillée par la multiplicité des enseignes et des couleurs.

    Les infrastructures routières jouent aussi un rôle important dans la transformation des paysages.

    Centre administratif et économique, Gap a besoin d'une meilleure desserte. Le centre-ville subit aux heures d'affluence des embouteillages importants, intensifiés quand le flux des vacanciers s'ajoute à celui des résidants.

    Elle est aussi le point de passage vers Grenoble par la RN 85. L'augmentation de la circulation routière au sein de la cité gapençaise et de l’Unité Paysagère, en général, rend indispensable la création du boulevard urbain qui permettra de contourner la ville par l'Ouest et de détourner le trafic de transit tout en améliorant la desserte de la ville elle-même. Il est évident que ce projet d'infrastructures aura des conséquences sur les paysages gapençais.

  • Les enjeux paysagers

    La vallée urbaine entre ville dense et urbanisation filante

    La péri-urbanisation s'étale et s'étire le long des voies et à chaque endroit que le relief autorise encore. Ce phénomène englobe petit à petit les villages satellites de la ville centre jusqu'à former un continuum urbain. Le résultat sera alors la banalisation du paysage urbain. C'est ainsi que cette plaine concentre tous les conflits d'usage, entre l'urbain, l'agriculture et les espaces de nature. Si le caractère paysager de cette unité est bien cette bivalence entre ville et ruralité, la ville fait peser une forte pression sur les espaces agricoles et naturels.

    Les enjeux se situent dans l’aménagement des entrées de villes, notamment Gap mais aussi Chorges, avec le développement des zones d’activités, installées le long des grands axes, bénéficiant des terrains plats et des facilités d'accès, mais imposant trop souvent la médiocrité de leur qualité architecturale et paysagère. C'est aussi des enjeux d’intégration paysagère des nouveaux projets qu'ils soient urbains ou routiers et principalement celui de la Rocade de Gap au pied de Charance.

    Il faudra s'extraire du phénomène d'une densification urbaine qui se fait systématiquement au détriment des espaces de nature et mettre l'accent sur la préservation d’espace de nature en cœur de ville.

    Les coteaux agricoles en mutation gagnés par un habitat diffus

    Ces lieux sont considérés comme autant de réserves foncières. La trame agricole qui organisait le paysage de ces coteaux offrant à la ville son cadre "campagnard" disparaît au profit d'un habitat individuel. Cette forme urbaine parsème non seulement les pentes mais elle s'accompagne de ses jardins. C'est ainsi que de nouveaux motifs paysagers apparaissent par une végétation souvent ornementale, avec ses couleurs et ses silhouettes étrangères à celles de la végétation locale.

    Les extensions urbaines, autour de Gap mais aussi sur les communes périphériques, tel Chorges, la Bâtie Neuve répondent à la croissance démographique mais ont des conséquences importantes sur les paysages :

    La consommation d’espaces agricoles, entrainant l’imperméabilisation des sols et la création de nouvelle voie de desserte ;
    L’uniformisation paysagère des versants par leur mitage progressif ;
    La perte de lecture des structures paysagères due à une implantation en force dans le relief nécessitant des travaux de terrassements fortement perçus et l’apparition d'un vocabulaire architectural exogène (caractère architectural, couleur, matériau).

    Les hauteurs sauvages

    Ces espaces, au delà de leur simple valeur esthétique, offrent la possibilité de pratiques sportives aux portes de la ville et construisent ce cadre qui caractérise Gap.

    Ce qui est un atout, peut aussi être autant de fragilités.

    Les pratiques sportives nécessitent des aménagements (aires de stationnement et d'accueil, chemins…) qui peuvent avoir des conséquences directes sur les milieux : imperméabilisation des sols, piétinement…

    D'autres processus peuvent transformés ces hauteurs sauvages. La commune de La Rochette montre les premiers signes d'extension, extension qui peut se poursuivre aux endroits les plus propices. Il y a aussi la recolonisation spontanée des milieux ouverts par une forêt qui essaime, forêt qui remonte sur les pentes du Piolit, qui se densifie au pied de Céüse mais qui reste encore contenue sur le col de Manse.

    La plaine agricole de l’Avance et les espaces agricoles en plateau encore préservés

    La déprise agricole engagée, quel est le devenir de ces paysages ?

    Aujourd'hui ces terroirs construisent le paysage des plateaux et de la plaine mettant en valeur les formes de relief, organisant les structures paysagères : replats cultivés et forêts repoussées aux endroits où le relief ou le sol empêche leur exploitation, organisation du bâti selon une logique d'exploitation mais toujours respectueuse du support.

    Il y aurait l’uniformisation de ces paysages par le développement naturel de la forêt, lieux oubliés où la nature reprendrait ses droits. Ou bien, lorsque la plaine de Gap n'offrirait plus aucune possibilité d'extension pour accueillir de nouvelles populations, ils deviendraient les nouvelles périphéries urbaines.

    La vallée de l'Avance reçoit la RD942, axe de transit important qui supporte les flux de circulation vers le Nord du département et ses lieux à forte valeur touristique comme Serre-Ponçon et les grands domaines skiables. Quel sera le devenir de cette vallée si l'agriculture disparaît ? Ne sera-t-elle qu'un lieu traversé ?

     

  • Les préconisations paysagères

Projection prospective : Les paysages possibles

AVERTISSEMENT : Les scenarii présentés s'appuient sur des processus de mutation des paysages mis en évidence par une analyse objective des données disponibles. Ils ne constituent en aucun cas une évolution voulue ou souhaitée. Ils alertent d'une possible transformation si les décisions en termes d'aménagement du territoire n'affirment pas une vraie préoccupation de préservation des paysages. Ils incitent à une vigilance paysagère orientée vers la sauvegarde de la qualité des paysages, source de développement économique et social.

  • Si la tendance évolutive se poursuit…

    Coeur économique et urbain du département, la transformation des paysages de l'Unité de Paysage du bassin de Gap consiste surtout en la mutation de ses espaces agricoles en zone urbaine.

    Cependant l'unité de paysage ne se réduit pas au seul bassin de Gap, au sens géomorphologique. Elle se compose aussi de plateaux et de vallées affluentes pour lesquels les enjeux sont différents. Si la dépression dans laquelle se cale la ville de Gap est concernée essentiellement par un phénomène d'étalement urbain, les autres territoires de l'unité de paysage sont plus sujets au phénomène de déprise agricole qui conduit progressivement à la fermeture des milieux. L'analyse diachronique 1999-2014 met en évidence une nette avancée de la forêt sur les terres d'altitude ou les plus reculées, facilement abandonnées car trop éloignées et sans doute peu rentables.

    En 2014

     

    Le développement urbain se concentre, aujourd'hui encore, de part et d'autre des grands axes de circulation que sont la RN 85 et la RN 94 à la faveur d'un relief adouci. D'abord linéaire, il s'épaissira une fois les espaces en bord de voie remplis, repoussant cette urbanisation de plus en plus sur les piedmonts jusqu'aux possibles que le relief autorisera. C'est ainsi que les espaces agricoles en plaine subissent une forte pression. Leur planéité profite aux zones d'activités et/ou commerciales reportant du même coup sur les versants les nouveaux secteurs d'habitat.

    Encadrer cette urbanisation à venir est nécessaire par des règles d'urbanisme mais aussi par le maintien de l'agriculture en plaine et sur les coteaux.

    En effet, par sa fonction d'entretien des paysages, l'agriculture maintenue préservera la qualité des paysages. Cette qualité passe par la diversité de motifs qui font un paysage riche et varié. C'est aussi grâce à la mise en valeur des terres que l'agriculture donne à lire les subtilités d'un socle support, assure une biodiversité et préserve les chemins de l'eau.

    Sans une urbanisation maîtrisée, les nouveaux paysages seront ceux d'une urbanité désorganisée et des espaces de nature non plus structurants mais résiduels.

  • Diffusion de l'habitat sur les versants

    Exemple de Chorges où l'habitat individuel gagne les versants du Piolit, exposés au Sud. Ces nouvelles zones d'habitat s'assortissent de voie de desserte nécessitant des travaux de terrassements conséquents, preuve qu'elles s'inscrivent en force dans le relief.

    Cet étalement est plutôt anarchique, profitant certainement de l'abandon de parcelles cultivées. L'ex­tension de la Commune est conséquente et nombre de zones d'habitat individuel dessinent la périphé­rie de la commune tapissant les piedmonts de constructions individuelles. Non maîtrisé, ce développement urbain répondrait à une logique d'opportunisme foncier bénéficiant de l'abandon progressif des terres cultivées.

    En 2014

     

    Installée le long de la RN 94, la commune de Chorges, comme d'autres implantées aussi le long de la RN, bénéficie de cet axe de desserte majeur et de la proximité du pôle gapençais.

    Ce scénario illustre une politique d'aménagement "au fil de l'eau" qui laisserait l'urbanisation profiter d'une agriculture en régression et d'une nature qui reprendrait ses droits sur des terres cultivées abandonnées. Il interroge sur la préservation de la qualité des paysages futurs et sur les risques d'une urbanisation filante.

    La nécessité d'accompagner les nouveaux secteurs construits concerne à la fois le choix de ceux à ou­vrir à l'urbanisation, au regard de leur localisation géographique, mais aussi la réflexion sur les formes urbaines. Limiter la péri-urbanisation implique aussi le maintien de l'agriculture.

  • D'un paysage agraire vers un paysage émergent

    Les vastes espaces de plaine sont aujourd'hui convoités par les activités, petites industries et centres commerciaux. Ils profitent de leurs vastes étendues planes et de leur desserte facilitée par les grands axes routiers.

    C'est ainsi que les bords de la RN 85 et la RN 94 sont occupés par les zones d'activités et commerciales. Les champs cèdent leur place aux formes bâties de ces paysages économiques, souvent massives, et à leurs espaces associés (parking, zones de livraison et de stockage) qui, dans une organisation avant tout fonctionnelle, répondent à un objectif de rentabilité avant celui d'une quelconque qualité.

    En 2014

     

    Installées à l'origine en périphérie éloignée, elles sont peu à peu rejointes par de nouvelles zones ou par des quartiers habités qui s'étendent depuis le centre. Elles construisent un paysage hétéroclite et souvent étranger à la trame urbaine existante. Ni ville ni campagne, ces paysages émergents construisent le péri-urbain et définissent des espaces peu qualitatifs en entrée de ville.

    Si cette tendance se poursuit, il est vraisemblable que ces zones, qui aujourd'hui s'échelonnent, encore entrecoupées de parcelles cultivées, se rejoindraient pour former une seule et même conurbation assortie de son cortège de panneaux et pré-enseignes, de parkings...De ces paysages de campagne, il ne resterait que quelques traces et leur transformation en des pay­sages économiques voire industriels serait irréversible.

    Si il est, bien sûr, impossible d'aller à l'encontre d'un développement économique nécessaire et qu'il est tout aussi nécessaire d'héberger les nouvelles populations en leur offrant tous les services marchands ou non, maîtriser ces nouvelles urbanisations apparaît indispensable pour la préservation des paysages et le maintien d'un cadre de vie de qualité.

    C'est les organiser en maintenant, par exemple, des coupures dans une urbanisation filante, premier moyen de rompre la monotonie et l'uniformité de ces paysages économiques. Car, si elles s'installent dans un désordre apparent de couleur et de formes, elles sont malgré tout similaires ; ces enseignes, quel que soit l'endroit géographique où elles s'implantent, utilisent le même vocabulaire architectural.

    Aujourd'hui, le bassin de Gap offre la possibilité de "vivre à la campagne" dans un cadre exceptionnel. Préserver la qualité de ses paysages, c'est préserver son attractivité.